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Splendeurs et Misères

"Le génie de la voie maçonnique" Par Jacques Fontaine - illustrations : Mucha


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Croyez-vous-vous que notre  belle voie maçonnique est définitivement fixée dans la tradition ? Ou bien pensez-vous qu’elle est changeante dans les temps qui s’annoncent ? J’ai l’impression, que vous partagerez peut être, que les deux énoncés coexistent : des données traditionnelles fixées et des lignes d’évolution. Oui, les discours peuvent sembler s’opposer. Et, dans nos tenues, nous avons une impression de clarté à un moment, puis de flou à un autre. Car les deux discours s’emmêlent pour notre plus grande lucidité. Tout est mouvement, rien n’est totalement figé affirme l’un. Ce qui touche au génie humain transcende les époques, rétorque l’autre. Et les deux pourraient bien avoir raison. Daniel Beresniak qui me fut un guide, posa la question : « La seule chance de s’en sortir est de promouvoir une véritable école initiatique qui forme des hommes libres. La Franc-maçonnerie, malgré tous ses défauts, est, en occident, la seule structure capable de transmettre un tel enseignement. Elle est seule capable de former des adultes responsables dont le monde a tellement besoin. Le fera-t-elle ? Ceci est une autre histoire »[1].  Je m’efforce de répondre à cette question dans mes ouvrages et, en particulier, dans les Cahiers.

 

            Les Cahiers maçonniques de Jacques Fontaine s’efforcent de fixer ces images, comme on prend des instantanés. Les éléments, par lesquels se décrit la Voie maçonnique, sont saisis à la volée. Non point, tant dans l’état actuel de nos pratiques, que dans leur frisson devant le changement qui s’opère sous nos yeux, dans notre Franc-maçonnerie ; celle de style français, la seule concernée, qui charrie des pépites d’or, dont nous sommes les orpailleurs[2]. Et, de moins en moins rarement, les joaillers car notre Voie[3] est un véritable joyau de l’esprit. Un bijou, comme nous le disons symboliquement, en distinguant ceux qui sont mobiles et ceux qui restent inchangés, immobiles.

            C’est cela, le rêve des Cahiers : une cinquantaine d’années d’ancienneté au service de l’Ordre. En tamisant les pépites de nos rites, et en admirant les joyaux qui sortent de notre forge de sagesse. Pour dresser la carte aux trésors qui sont autant de regards émerveillés, de Cahiers pour découvrir, méditer et agir. Pas d’ordre de lecture. Si vous le désirez, vous vous déplacerez selon votre propre cheminement, en fonction de vos goûts et de vos désirs.

 

             Un regard pour chaque élément. Dans une finalité qui les réunit : Une spiritualité pour agir. Vous tenez en main un Cahier : Splendeurs et Misères - Le génie maçonnique, qui a pour vocation de présenter, tous les autres, afin de vous guider dans vos libres choix : un titre pour une évocation poétique, et un sous-titre pour vous orienter. Les voici donc, dans un ordre aléatoire :

 

                                    • Le Relais et la Clarté - La transmission .

                                    • La Jonquille et le Narcisse - La mixité.

                                    • Les Lieues et les Siècles - L’universalité du rite.

                                    • Le Pacte et le Lien - La fraternité.

                                    • Le Germe et la Blancheur - La spiritualité de la Voie.

                                    • L’Étrave et le Cap - La Franc-maçonnerie demain.

                                    • Le Silence et le Ventre - Le mythe fondamental.

                                   • Le parcours et le Frisson - Vivre ensemble la Loge.

 

            Dans ce Cahier, Splendeurs et Misères, j‘annoncerai donc régulièrement le Cahier en référence. Comment est venue l’idée de cette collection ? Je suis les pas de plus anciens que moi.

            J’eus un maître, Daniel Beresniak[4] qui, lors de nos séances de travail, ouvrit mon âme et mon esprit à l’écoute des autres, et de ma vie même. Il s’agissait, pour moi, de vivre avec plus d’intensité ce que j’appelle aujourd’hui, « la Voie », qu’il sut si bien me transmettre. Non seulement je ne me lasse pas de ses ouvrages, mais je me nourris encore de la richesse claire de sa pensées, tout entière dévolue à la libération de l’Homme. Aussi commencerai-je par le citer : « La Franc-maçonnerie est le refuge privilégié, aujourd’hui, de l’ésotérisme. Elle est la spiritualité. Elle a hérité de tous les trésors… »[5]. Comme Daniel, comme Jean Mourgues, comme Joannis Corneloup[6], je crois que notre Ordre recèle une Voie, un rite de passage et un parcours de sagesse, d’une qualité extraordinaire. Comme il en « naît » dans différentes voies, à travers le monde et les temps. La nôtre nous fait danser comme la valse à mille temps, dirait Jacques Brel, et pour cela, elle a « mis le temps », nécessaire dans sa brièveté.

            Notre Voie est aujourd’hui assez adulte pour contenir les fondamentaux humains de toute quête de l’esprit. Car elle n’est pas ancienne, trois siècles et plus, ce n’est pas grand chose au regard des religions ou des philosophies. Je reviendrai sur ce jaillissement incoercible. D’emblée, elle s’est affirmée comme une gnose et non une mystique.

            Une gnose qui laisse le dernier mot à la conscience, et qui suppose que nous soyons capables de remonter des pierres précieuses de notre inconscient. Tandis que la mystique, qui se complaît dans la foi et/ou dans l’occultisme, immerge la conscience dans l’inconscient. Un(e) mystique est un plongeur. Un Franc-maçon est un pêcheur.

            Aujourd’hui, Frères et Sœurs profitent à foison, et je partage leur plaisir, des douceurs de la fraternité, la réussite actuelle incontestable de l’Ordre. Se dessine un second courant qui s’enlace avec le premier. La petite musique, à la fin du XVIIIe siècle, encore bien timide, du « Connais-toi toi-même », est maintenant de plus en plus audible. C’est une annonce des temps futurs, mais pas lointains de l’importance de l’introspection, pierre de fondation de la plupart des parcours de sagesse. Les Francs-maçons étaient, et sont des jouisseurs de la fraternité ; ils deviennent en outre, de plus en plus, des explorateurs de leur vaste univers intérieur. A l’aune de cette évolution si nette, il est pertinent de remettre l’ouvrage sur l’établi. Car, dans cette visée, le travail est à reprendre avec lucidité. Tant qu’une grosse partie de nos Loges sont contentes avec des réflexions sociétales, tout va pour le mieux. L’essentiel, le trésor, n’est-il pas transmis, même dans ce cas, à travers nos arcanes[7] ? Mais quand la boîte à trésors, ceux de la spiritualité, s’ouvre, et met à la lumière la nécessité de l’auto-observation, de la descente en soi le long de la perpendiculaire, alors, il est impératif de rebattre les cartes, et de nouveau faire nos jeux.

           

            C’est sans doute pourquoi Daniel Beresniak nous admoneste, et nous enjoint l’humilité : « Sur la ligne de départ de son aventure spirituelle, il faut que le néophyte sache que toutes ses idées, toutes ses croyances, tous ses préjugé les plus chers ne sont que des sublimations de ses problèmes personnels, et ne correspondent à rien d’objectif »[8]. Invitation à briser la vitre trop souvent opaque qui nous sépare de nos peurs et de nos désirs inconscients. Enlever le bandeau est une tâche qui ne s’adresse pas au seul Apprenti ; elle est à recommencer sans cesse. D’une certaine manière, c’est vrai, nous sommes tous d’éternels Apprentis. La descente le long de la perpendiculaire est une exploration des émotions enfouies mais qui affleurent suffisamment pour être réactivées. Les arcanes aident à revivre ces émotions. Mais il n’est pas question d’aller aux contenus mêmes, pour les formuler en toute conscience, comme on le fait avec une psychanalyse.

 

            Enlever le bandeau des préjugés, des a priori, des stéréotypes, des clichés, des jugements tout fait, bref, de nos croyances, inaugure le début de la quête et continue, avec de plus en plus de précision, d’aisance et parfois, sinon de plaisir, du moins de soulagement. C’est tous les symbole du Vieil Homme qu’il faut « tuer », une des lectures possibles d’Hiram.

            Daniel Beresniak pose hardiment la question de cette mutation. Écoutons-le, dans un de ses livres-clés : « Comment peut-on "tuer le  vieil homme", prisonnier des tristes alternatives que lui suggère sa représentation du monde dualiste, trituré par des forces obscures, des pulsions archaïques, et générer en soi l’homme nouveau, libéré de toutes ses chaînes, qui agit au lieu de réagir ? Et comment peut-on participer à "cette mutation", à cette "protérogenèse"[9] attendue, sans imposer une idéologie, sans établir une orthodoxie, sans prendre le risque d’avoir à opprimer qui que ce soit ? ». Est pointé par le philosophe, en premier lieu, le dualisme qui n’en finit pas d’engendrer les dogmes. Ce dualisme qui fait tant de tort à la réflexion maçonnique, quand elle s’appuie sur la lecture des carrés blancs et noirs du pavé mosaïque, sinistre symbole[10].

            Ensuite, on comprend vite que la pensée de Daniel ne se cache pas derrière des alibis, des rationalisations. Il nous fait sentir combien nous sommes dépendants de nos échafaudages, de nos simplifications, et de nos brutalités inconscientes. Pour autant, estime-t-il que nous resterons enfermés, piégés dans notre cabinet intérieur, avec une flamme vacillante, juste pour se rendre compte de l’état de déréliction de la condition humaine ? Non point ! Daniel, dont la famille a été éprouvée par les pogroms d’abord et les camps ensuite, pourrait abonder en ce sens : l’âme de l’Homme n’est-elle pas boueuse et noirâtre ? Il ne le dit pas, et reste persuadé que nous sommes des êtres en libération. La Franc-maçonnerie peut être un de ces chemins, qui mène aux foucades de l’âme et à l’harmonie de l’esprit[11] ; à ruer dans les brancards trop souvent étroits de la société, et à broder sur la trame de nos rêves d’œuvre et d’amour. Même si c’est pour braver les dieux, c’est à dire à sortir du déterminisme de l’individu et de l’espèce pour effectuer une percée vers le Maître de lumière, comme je le nomme. Ou bien, vers le Surhomme de F Nietzsche. Et grâce à l’euphonie aligner la protérogenèse sur le combat de Prométhée. Daniel ajoute que l’enthousiasme à devenir ce que l’on est, ne saurait en aucun cas, nous faire basculer dans les certitudes, les mers nauséabondes du dogme. En délaissant définitivement l’oppression de l’autre, voire de soi-même. Dans le langage qui nous est familier, à se libérer dans le respect des autres et de soi-même, ainsi que l’énonce le rituel. Vous sentez combien ces Cahiers procèdent de cette philosophie de l’Homme. Alors la Franc-maçonnerie serait une réponse à ce défi ?

            Dans la foulée, Daniel répond : « Nous pensons que l’initiation maçonnique peut, éventuellement, réussir la seconde naissance de l’homme. Pourtant, jusqu’à ce jour, il convient de proclamer avec force, qu’elle n’en a pas administré la preuve ! La maçonnerie est encore à son commencement, bien qu’elle véhicule de vieilles et respectables reliques ! »

            Daniel avait pressenti deux évolutions que nous connaissons dès lors, et que je fis miennes. D’abord l’âge de la Franc-maçonnerie. Comme je l’ai dit plus haut, la Voie est bien jeune. Je m’oppose à la conception si répandue d’une origine mythique, mystérieuse, d’un message légué par des civilisations disparues, dans l’ânonnement guénonien. Je développe ce point de vue dans le Cahier : Les Lieues et les Siècles. La Franc-maçonnerie demain. J’arrête donc ici.

            Ensuite, parce que l’évolution, la  protérogenèse est envisageable, il en conclut que l’Homme n’est pas cette misérable créature déchiquetée par ses pulsions, stigmatisée par le péché originel augustinien[12]. S’il est victime de son aveuglement et de ses peurs, l’Homme est aussi perfectible. Ne serait-ce pas une prémonition du déferlement actuel de ces nouvelles psychologies, qui, pour la plupart, nous arrivent des Etats-Unis. Et qui ont toutes, comme visée commune, la perfectibilité de l’Homme. La délivrance, lors d’une seconde naissance, est l’espoir de la plénitude.

            Sur un dernier point, je m’éloigne de la conception de Daniel. Oui, me semble-t-il, la Franc-maçonnerie véhicule de belles reliques. Mais justement, je ne considère pas que ce sont des reliques, ce qui paraît vouloir dire une mystérieuse transmission, qui nous vient du fond des âges. Je distingue deux niveaux d’interprétation au moins : celui de la culture qui, effectivement, se transmet plus ou moins bien d’une génération à une autre ; et celui de la structure, qui génère des constructions psychiques, non point éternelles, mais permanentes. Je vous invite à feuilleter mon livre : Les rites de passage. Des Dogons aux Francs-maçons, inspiré des thèses de Lévy Strauss, Mircea Eliade, Carl Gustav Jung. Et à consulter le Cahier : Les Lieues et les Siècles. Les mêmes formes apparaissent, quels que soient l’époque et l’endroit ; sous forme de mythes, d’archétypes, la plupart du temps.

 

            Ces Cahiers se placent donc dans cette perspective. Peut être, est-il utile, en tout premier lieu, de se rappeler que notre représentation  de l’Homme est, pour certains d’entre nous, très datée sans que nous nous en rendions compte. Cette vision s’inscrit dans le Siècle des Lumières. Elle veut que nous croyions que la raison saura nous libérer des méfaits de la société et de l’éducation ; que celle-ci est en marche, dans un progrès constant vers le bonheur ; que la nature est clémente, et à notre disposition. Elle nous est offerte. Mais, à l’inverse, dans la culture chrétienne, nous serions marqués par la tare originelle. Les deux conceptions s’enlacent selon les auteurs. La Franc-maçonnerie de style français préfère clairement réclamer sa filiation des Lumières.

 

            L’Homme n’aurait pas ce profil. L’anthropologie, la sociologie et la psychologie, dans leurs formes les plus contemporaines, nous racontent autre chose. En fait deux décalages rendraient compte pour nous, Français(es), de notre flottement. Le premier se situe entre cette conception de l’Homme et la réalité de ce qu’il devint après les deux guerres. La Déclaration universelle des droits de l’Homme ne met plus en avant la raison, le progrès, comme constitutifs de l’humanité. C’est à cette époque néanmoins, dans les années cinquante, que naquirent aux Etats-Unis la conception selon laquelle, nous sommes naturellement orientés vers ce qui est susceptible de nous faire du bien et, beaucoup plus, de nous réaliser. Ce sont les psychologies, dites positives, qui se déployèrent, et continuent de le faire Outre-Atlantique. Elles nous sont arrivées, dans les transits économiques et culturels, depuis les années soixante-dix, soit avec quelques quinze ans de décalage. Ce qui fait, qu’aujourd’hui, nous avons accès à des notions telles les émotions positives, les transcendances de soi, l’intelligence émotionnelle qui fondent les approches cognitives et comportementales. Elles me servent d’ancrage dans les Cahiers, sans pour autant oublier la leçon précédente : nous sommes agis(es) par notre inconscient. Les deux approches ne se battent pas nécessairement.

            Selon les situations, l’objectif de changement ou de compréhension des causes, les valeurs et croyances, telle ou telle approche sera mieux indiquée qu’une autre. Dans les Cahiers, je vous propose de lire la Voie maçonnique à l’aide des deux entrées du psychisme humain. L’analyse, pour la descente en bas, le plus bas possible, dans les ténèbres de l’esprit ; et l’émotion, pour cueillir les sensations actuelles qui habillent nos comportements. L’une et l’autre se consolident mutuellement et engendrent la spiritualité.

 

            Le second décalage s’opère sous nos yeux. L’Homme devient « post-moderne », pour reprendre le terme qui a fait florès[13] depuis le début des années quatre-vingts. La mondialisation, la dictature du marché, l’informatisation galopante, le recul des structures de référence : régions, famille, travail, amis proches, religion, les neurosciences, entraînent, sous nos yeux, un désenchantement du monde, décrit pas nombre d’auteurs, en France par Michel Maffesoli[14], entre autres. Désormais, l’Homme devient fragmenté, isolé, sans référence collective forte, oublieux de toute transcendance spirituelle. Avec ce que cela charrie de souffrances, mais aussi de responsabilité et de fierté d’autoréalisation. Désormais, nous sommes comptables de notre bonheur, et nous savons que rien ne sert de s’accrocher aux institutions, qui perdent une grande part de leur crédit.

            Le savoir est démonétisé ; un clic et on trouve les savoirs recherchés. L’érudit ne fait plus recette et le jouisseur de l’instant lui fait la nique. La civilisation postmoderne est en déploiement  aux Etats-Unis. Elle est en cours d’établissement, avec le décalage habituel de dix, quinze ans, de ce côté-ci de l’Océan. Nous en vivons l’expérience chaque jour, chaque heure, partout et un peu nulle part. Dans la peur ou l’enthousiasme.



[1] Daniel Beresniak - L’Apprentissage maçonnique, une école de l’Éveil - Detrad 1983 page 12.

[2] La Franc-maçonnerie que j’appelle de style français, est celle de plusieurs rites, qui ont de précieux points communs qui fondent l’originalité et la maturité de la Voie, par rapport à la Maçonnerie anglo-saxonne, figée en 1813, et qui est en train de disparaitre. Les rites en question sont, tous avec leurs variantes : le rite français, le plus ancien de tous ; le REAA, rite écossais ancien et accepté ; le RER, rite écossais rectifié ; le RAPMM, de Memphis Misraïm ; le ROS, rite opératif de Salomon. Dans ces rites, le tableau est au centre de la loge et on y « circumambule ». L’orateur garde la Loi, les Maçons présentent des planches, la cérémonie d’initiation comprend les épreuves. Elle est précédée par le cabinet de réflexion, entre autres spécificités. Voilà le style français.

[3] Voie, avec une majuscule, pour signifier la nôtre : maçonnique. Je dirai parfois la Voie tout court.

[4] Daniel Beresniak (1933–2005) fut l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages sur la spiritualité, l’éthique et les mythes, maçonniques le plus souvent, mais sans exclusive. L’annexe « A » collecte tous ses titres. J’écrirai souvent Daniel, par affection.

[5] Daniel Beresniak - La légende d’Hiram et les initiations traditionnelle - Detrad 1987 page 78.

[6] Jean Mourgues (1919–1990) et Joannis Corneloup (1888–1978) sont deux auteurs maçonniques très éclairés et Frères du Grand Orient de France. Leurs ouvrages sont de plus en plus d’actualité.

[7] « Arcanes » : le rite, les mythes et les symboles.

[8] Daniel Beresniak - Le cabinet de réflexion. La démarche initiatique. Technique de l’éveil - Detrad 1974 - page 6 Réédition 2011.

[9] « Protérogenèse » soit « naissance en avant ». On parle de protérogenèse pour signifier le jaillissement d’une forme physique, ou/et mentale, qui sort de l’ontogenèse, les phases de développement habituelles d’un organisme. Au figuré, « l’homme nouveau » est une protérogenèse. Le mot a été forgé en 1925 par Schindewolf.

[10] Il est à noter que dans le Tuileur de Vuillaume (1830), qui est une certaine autorité dans le dessin des tableaux de loges, le pavé mosaïque n’est pas représenté. Hélas la propension spontanée à voir le monde en noir et blanc a prévalu. Souhaitons que l’évolution de la Voie, amène à l’abandon de ce symbole dangereux.

[11] « Esprit » - Lieu où éclot la spiritualité. Voici ma définition qui ne vaut pas plus que le millier au moins de définitions qui la précède. L’esprit est le lieu psychique de l’Idéal du moi, du contrôle moral, qui régit les valeurs de l’individu, des sublimations, véritables transformateurs des pulsions et de l’altruisme. Je confonds volontairement les causes et les effets, pour ne me référer qu’à des concepts les moins compliqués possible. Pour parler freudien, l’esprit serait imaginairement logé dans le Surmoi. D’où la conclusion : la spiritualité sollicite les « hauteurs ». On rejoint par là, tout un mouvement qui va de la logothérapie de Viktor Emil Frankl, à la récente psychologie positive de D. Seligman.

[12] « Augustinien » - d’Augustin d’Hippone (354–430), auteur de Confessions, parfois troublantes par leur finesse psychologique. Il fut le théoricien majeur du péché originel.

[13] Le terme de « postmoderne » et sa définition, viennent de Jean-François Liotard ; dans La condition postmoderne. Rapport sur le savoir - 1979.

[14] Frédéric Vincent, disciple de Michel Maffesoli, rapproche, dans ses ouvrages, le postmodernisme et la Franc-maçonnerie.